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Economie Geneve 2016

 


Ce 7 juillet 2016  1127 signatures ont été déposées à 11h45

Tracasseries administratives, culpabilisation,économies à mauvais escient : les chômeurs et chômeuses disent STOP !

Les chômeur-se-s ne décolèrent pas contre les mesures vexatrices décidées par l’Office cantonal de l’emploi (OCE) depuis le début de l’année. Ils étaient plus de 40 à se rassembler à la place du Bourg-de-Four pour remettre au Secrétariat du Grand Conseil les signatures sur la pétition pour « le retrait des dernières mesures prises par l’Office cantonal de l’emploi » et pour un vrai soutien aux personnes au chômage.

Puisque le cortège croisa Monsieur le Conseiller d’Etat Mauro Poggia - en charge de la politique cantonale en matière de chômage - qui sortait de son département, Manuela Cattani, présidente de la CGAS, a pu expliquer de vive voix combien la mesure de doublement du nombre de recherches d’emploi mensuelles pour toutes les personnes au chômage, quelle que soit leur situation individuelle, était une absurdité qui ne tenait nullement compte de la spécificité du marché du travail genevois.

Devant la Chancellerie, plusieurs participant-e-s s’exprimèrent.

Manuela Cattani, présidente de la CGAS et secrétaire générale du SIT, a placé dans le contexte de tout ce que l’OCE a entrepris depuis le début de l’année le doublement du nombre de recherches minimales, qui ne visent qu’à faire des économies dans le budget cantonal dévolu au chômage alors que le Conseil d’Etat et le Grand Conseil s’apprêtent à offrir de nouveaux cadeaux fiscaux aux grandes entreprises multinationales avec la réforme de l’imposition des entreprises à venir.

Marc-Antoine Fournier de l’Association de Défense des Chômeurs (ADC) a insisté sur le fait que les mesures prises par l’OCE s’intègrent dans un système punitif qui prive, par le biais de sanctions financières infligées à toute personne qui n’obéit pas aux injonctions, d’un revenu déjà amaigri par le chômage et qui précarise ainsi également son entourage familial. Avec les 15’000 chômeur-se-s genevois-e-s, c’est ainsi 30’000 personnes partageant leur vie qui souffrent, le chiffre au niveau national est d’environ un demi-million !

Un représentant de l’association 50 & plus a mis l’accent sur la difficulté des personnes de plus de 50 ans de retrouver un emploi et l’absurdité d’exiger 10 recherches par mois à une personne à quelques encablures de la retraite alors que les préjugés injustifiés contre les personnes de 50 ans et plus sont tenaces dans la tête des employeurs.

Jocelyne Haller, membre de solidaritéS et députée au Grand Conseil pour Ensemble à Gauche, a mis en évidence le fait que le fléau du chômage tend à isoler les personnes touchées alors que le chômage est un problème social et collectif. Elle a salué la récente mobilisation des chômeur-se-s comme une première sortie du silence et a appelé de ses vœux la continuation de la lutte pour rompre l’isolement dont sont victimes les chomeur-se-s.

Les 1127 signatures ont été déposées à 11h45 et rendez-vous fut donné pour l’automne.

 

Grosses difficultés pour Genève

Genève traverse une période de grandes incertitudes. Son économie, qui sort de trois trimestres consécutifs de chiffres rouges – elle est donc en récession – doit désormais affronter les conséquences du Brexit, a estimé la Banque Cantonale de Genève (BCGE) dans une conférence de presse conjoncturelle mardi.

L’institution, qui misait en décembre sur une croissance de 1,5% du PIB genevois en 2016, a revu ses perspectives à 0,9%. Sa cheffe économiste, Valérie Lemaigre, estime que le vote du Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union européenne devrait faire perdre 0,2% de croissance au PIB helvétique, et un peu plus à Genève.

«Avant vendredi (ndlr: date du résultat du vote sur le Brexit), les indicateurs se stabilisaient, ce qui était un bon signe», indique Valérie Lemaigre. Le dollar, une devise essentielle pour Genève, qui exporte proportionnellement plus que le reste du pays en dehors de la zone euro, ne s’envolait plus comme l’an dernier. La croissance donnait des signes d’amélioration, les politiques monétaires devenaient moins agressives. Le taux de chômage genevois est estimé à 5,4% pour 2016 et 5,6% en 2017.

Exposé au Brexit

Genève est le canton qui importe le plus du Royaume-Uni (pour 1,769 milliard de francs en 2015, un chiffre qui a doublé en une décennie), selon les douanes. Le bout du Léman est aussi le deuxième exportateur helvétique vers le Royaume-Uni, derrière Bâle. Londres, capitale du négoce d’or, de pierres précieuses et centre financier, est au cœur de transactions avec Genève.

Plusieurs grandes banques ont annoncé délocaliser leurs effectifs en cas de Brexit, mais sûrement pas à Genève. Dans le négoce de matières premières par contre, des maisons londoniennes pourraient privilégier l’arc lémanique, selon des observateurs. Les groupes Cargill et Bunge viennent d’ailleurs de rapatrier des activités dans le canton.

Le Brexit pousse la BCGE à imaginer des nouveaux scénarios, de la sévère crise d’identité européenne, conduisant à une crise déflationniste, à celui d’un impact limité. Valérie Lemaigre estime que celui qui anticipe un divorce lent, source de volatilité et d’incertitudes mais sans choc réel, est «le plus probable, même s’il reste difficile d’y voir clair en l’état».

Les exportations horlogères viennent épaissir le brouillard (voir infographies). Elles chutent depuis le début de l’année; or le secteur occupe une part toujours plus prépondérante de l’économie. L’an dernier, près des trois quarts de la valeur des exportations genevoises ont émané des montres et bijoux, contre moins de la moitié au début du millénaire (voir infographie). Genève, qui accueille plus de 10 000 collaborateurs dans le secteur, est le troisième canton horloger, derrière Neuchâtel et Berne.

Lourde chute des exportations

Les exportations de montres diminuent car elles s’écroulent dans leurs marchés principaux, en Chine et à Hongkong, pour des raisons non monétaires. Dans l’Empire du Milieu, des campagnes luttant contre la corruption ont associé les gardiennes du temps helvétiques à des objets obtenus sous la table, ce qui pèse sur les ventes. Pour les relancer, des experts estiment que la branche doit proposer des modèles moins ostentatoires. A Baselworld, des montres plus épurées et moins chères ont été présentées, un signe de réponse, selon Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération horlogère.

Les exportations issues des industries pharmaceutiques et chimiques, un autre pan de l’économie cantonale, déclinent aussi depuis cinq ans. Les détaillants, enfin, subissent le franc fort, alors que le panier typique de la ménagère reste en moyenne deux fois plus cher qu’en janvier 2015, quand la BNS a cessé de soutenir la devise helvétique face à l’euro; or les Genevois se montrent toujours plus enclins à faire leurs courses en France. En 2015, le canton a exporté pour 21,9 milliards de francs, contre 32,4 milliards l’année précédente, une chute de 32,4%. (TDG)

(Créé: 29.06.2016, 08h57)