L’ADC genevoise a fêté ses 40 ans en 2017

Partageant ses activités entre consultations individuelles et actions collectives, elle est aux premières loges pour observer le démantèlement des conditions de travail et du droit au chômage.

Marc-Antoine Founier était membre du comité de l’ADC, Alexandre Baljozovic est son coordinateur. Nous nous sommes entretenus avec eux sur les activités de l’association depuis sa fondation en 1977 : Gauche Hebdo

Historique de l’association ADC

L’association ADC a fêté son 40e anniversaire en 2017. Née de la volonté de trois militants elle est devenue une référence concernant l’aide aux sans emplois à Genève.

En 1968 Lors de la grande manifestation à Genève en mai 1968 Mr Pierre Delaspre rencontre Mr Crettenand. Ils évoquent alors l’idée de créer ensemble un comité de chômeurs. Idée qui verra le jour 7 ans plus tard.

C’est au début de l’année 1975, que Pierre Delaspre et Henri Mayor, syndiqués à  la Confédération Romande du Travail font part à leur secrétaire syndical  (Gérald Crettenand) du besoin de créer à Genève un Comité de chômeurs. Ils estiment alors que les syndicats ne s’occupent pas correctement d’eux. C’est au sein de la Fédération des Syndicats Chrétiens de Genève que sera créé le Comité de chômeurs.

On avait à Genève en fin mai 1975 selon les statistiques officielles 607 chômeurs complets et au niveau suisse 6527 chômeurs. Mais à la même date des dizaines de milliers de personnes sont touchées par le chômage partiel et d’autres milliers dits « difficilement plaçables », déjà les plus de 50 ans et les jeunes sans formation professionnelle, sont exclus durablement du marché du travail.

S’intègrera dès lors à ce Comité un permanent (Le pasteur Pierre Strauss) du Ministère Protestant  dans le Monde du travail. Le Comité se veut alors indépendant des syndicats et des églises ainsi que des partis politiques.

Début 1976 le Centre Social Protestant met une assistance sociale à disposition du Comité.

1977 verra la poursuite de nombreuses actions en faveurs des chômeurs, notamment auprès du chef du département des finances Mr Babel avec certains succès, notamment la promesse qu’il n’y aura plus de poursuites intentées contre les chômeurs ne s’étant pas acquittés du paiement de leurs impôts.

L’idée déjà en cours à cette époque d’étudier chaque cas de chômeur et de sélectionner ceux qui sont aptes à se réintégrer dans la vie professionnelle et ceux qui ne le sont pas donne naissance au Groupe d’Action contre la répression des Chômeurs  dont fait partie à ce moment le Comité des Chômeurs. Suit la demande de l’abrogation de la limite de 100 jours d’intégrations des chômeurs ayant épuisé leurs droits aux indemnités dans les services de l’Etat ainsi que la création d’ateliers de travail pour chômeurs.

Le 9 novembre 1977, le comité de chômeurs adopte les statuts d’association. Il change de nom pour s’appeler désormais Association de Défense des Chômeurs (ADC) avec pour but principal la protection et la défense des intérêts des chômeurs, en liaison avec les intérêts de l’ensemble des travailleurs.

Au mois de mars 1978 l’ADC a pu présenter à M. Borner un cahier de revendications qui seront étudiées par ses services et ceux d’autres départements touchés par le problème du chômage. L’ADC est reconnue en tant qu’interlocutrice reconnue valable et porte-parole qualifiée des chômeuses et chômeurs.

L’ADC se réuni alors dans des cafés, ou au centre paroissial de la Jonction. Des permanences se tiennent dans différents lieux de Genève. Un local sera finalement prêté par la Ville de Genève aux Eaux-Vives ( vers 1994 ).

1997, les Marches Européennes

En 1996 huit associations faitières de huit pays signent afin de demander une politique radicale et résolue de lutte contre le chômage. C’est l’appel de Florence.

A la suite de ça en 1997, 500 personnes marchent en direction d’Amsterdam en traversant différents pays. L’ADC a été mandatée par les Marches pour s’occuper des marcheurs venant de Grenoble.

Voici le relevé de ce qui s’est passé ( Témoignage d’un marcheur ) :

Mardi 22 avril 1997

Frontière franco-suisse, pas de douaniers, pas de police, la marche passe la frontière direction Genève à Moillesulaz. 12h, réception dans un squat de Genève, déjeuner avec une cinquantaine de militants, c’est international et festif. Dans l’après midi, cortège de 200 manifestants, traversée de Genève pour un rassemblement devant le siège du BIT, le Bureau International du Travail. Les instances du BIT décident d’ouvrir une salle pour l’ensemble des militants, ce qui permet un débat très animé avec des représentants du BIT.

Fin de soirée et hébergement offerts par la municipalité de Genève  a la Cité Bleue.

Mercredi 23 avril 1997

Romantique ! Petit déjeuner sur le lac Léman dans un bateau associatif des exclus genevois ( Le Bateau Genève ). 11h, manifestation devant les bâtiments de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce, mise en place par les derniers accord du GATT), avec 100 personnes. Débat et spectacle de rue. 12h, pique nique dans le parc de l’OMC. En fin d’après midi, un cortège de 300 personnes traverse Genève pour dénoncer la mondialisation, dissolution du cortège à Artamis, ancienne usine désaffectée où 200 associations participent à une vie associative et culturelle. Un concert de i-Mericani clôt cette journée.

Jeudi 24 avril 1997

12h déjeuner aux bain Paquis (Plage du lac Léman) offert par la municipalité aux marcheurs. Après midi visite d’un atelier de réinsertion, puis participation de la marche à une manifestation de fonctionnaires suisses et le SSP, plus de 2000 participants, accueil chaleureux des marcheurs, applaudissements.

Pendant les 3 journées genevoises, suivi des initiatives par la télévision suisse et les journaux nationaux et locaux.

Pour l’ADC ce fûrent des journées extraordinaires de rencontres avec les associations, les syndicats, le SIT, UNIA, le SSP, l’UPA, des artistes, des précaires et des antimondialistes, l’ADC Lausanne, celle de la Chaux-de-Fonds. Une petite équipe de l’ADC est ensuite partie en bus à Amsterdam participer à la très grosse manifestation sur place.

En 2012 une reconnaissance de notre association est récompensée par l’octroi de la part de la Ville de Genève d’une subventions importante ayant permis à l’ADC de se professionnaliser par l’engagement d’un coordinateur et d’un juriste, de faire des rénovations et d’acquérir des équipements bureautiques performants.

En 2017 on a pu engager une employée administrative indispensable suite à l’accroissement des visites des personnes au chômage et en recherche d’emploi.

L’accent est désormais porté sur le soutien juridique qui a pris une place importante vu le nombre de pénalités imposées par l’OCE, ainsi qu’une aide à la réalisation de dossiers de postulation. Ces actions sont encore une goutte d’eau dans l’aide aux demandeurs d’emplois et bien sûr à côté on maintient des contacts avec les politiques et les autres associations actives dans notre domaine.

Quelques dates importantes:

1968  Mrs Delaspre et Mayor rencontrent Mr Crettenand, futur secrétaire syndical.

1975 Création du Comité de chômeurs

1977 Création proprement dite de l’ADC

1993 Création du journal de l’ADC

1997 Organisation de l’étape des Marches Européennes à Genève

2000 Création du Carton Jaune ( 2e mouture du journal )

2002 l’ADC participe au soutien du référendum fédéral contre la révision de la LACI

2005 Premier site internet

2010 l’ADC participe au soutien du référendum fédéral contre la révision de la LIASI

2012 Transformation du local, engagement de personnel, amélioration du suivi des usagers.

2017 40ème Anniversaire de l’ADC